Réponse de Mona Bras à la Mutualité française
Par jef le jeudi 7 juin 2007, 09:40
Guingamp, le 6 juin 2007
Nous vous remercions de votre sollicitation et nous en profitons pour, s’il en était besoin, réaffirmer notre attachement au mouvement mutualiste et coopératif.
L’Union démocratique bretonne et l’ensemble de ses candidats aux élections législatives entendent clairement réaffirmer le droit à la santé et l’accès à des soins de qualité et de proximité pour tous, ainsi que le rôle central de l’hôpital public dans le dispositif de santé y compris par rapport à la cohésion sociale et territoriale du pays.
Au niveau des axes de travail, il convient de renforcer la régionalisation de l’organisation du système de santé pour une plus grande efficacité et solidarité. La prévention et l’éducation à la santé doivent devenir de réelles priorités, la France sur ce point est loint d'être un bon élève en Europe.
Pour répondre à vos questions :
Sur les comptes de l’assurance maladie,
Si la maîtrise des dépenses est importante nous sommes favorables à l'élargissement de l'assiette du financement de l'assurance maladie sur d'autres revenus que ceux du travail, nous pensons notamment aux revenus financiers.
Deux observations ou remarques complémentaires :
La généralisation des médicaments dits génériques est à poursuivre et amplifier, même si la Bretagne au regard d'une récente étude semble avoir intégré positivement cette démarche.
Par ailleurs, du fait des inégalités grandissantes dans l’accès à la médecine de proximité, et du déficit en médecins de certains secteurs géographiques (le Centre Bretagne…), il apparaît de plus en plus urgent de réinterroger le dispositif d’installation des médecins… qui aujourd’hui obéit au libéralisme le plus total. Une régulation est de toute évidence nécessaire.
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Sur les franchises de remboursements :
Nous sommes en totale opposition avec ce type de mesure, exemple tyê des mesures Sarkozy. Nous savons bien que ce qui coûte cher ce ne sont pas les "dépenses de santé", ce ne sont pas dépenses liées aux maladies, ce sont entre autres les coûts faramineux de certaines molécules pharmaceutiques qui enrichissent les laboratoires pharmaceutiques bien plus enclins à répondre aux exigences de dividendes de leur actionnaires que de répondre aux injonctions d'Hippocrate et aux lois de la solidarité et de l'humanisme.
Le principe de la franchise de remboursement a fait la preuve de son inefficacité dans d’autres pays. Elle est en rupture avec les principes de solidarité et de répartition auxquels nous sommes fondamentalement attachés.
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Sur la démographie médicale :''
Les ouvertures de places dans les facs de médecine obéissent elles aussi à la loi de l'influence des lobbies, et plus spécifiquement ici du lobby médical. Nous savons que les places proposées en Bretagne sont systématiquement inférieures de 30 % aux besoins, à la moyenne nationale et aux demandes des professionnels et des élus pour simplement remplacer les départs en retraite.
Alors que dans le même temps les universités de Paris et Montpellier ont un « numérus closus » supérieur de 30% à la moyenne nationale, avec comme effet pervers, entre autre, la multiplication des actes médicaux dans ces régions et l’inégalité d’accès aux soins qu’ils soient généralistes ou spécialisés (délais d’attente pour un rendez-vous chez l’ophtalmo…. distance à parcourir…).
Nous demandons également une véritable péréquation médicale entre les territoires, la Bretagne étant manifestement victime de discrimination négative.
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Sur les thérapies dites « alternatives » ou complémentaires :''
Alors que dans d’autres états d’Europe, elles sont prises en compte et remboursées dans le cadre de la prévention ; en France, avec un système médical basé sur le curatif (il faut que la personne soit malade pour bénéficier du remboursement de ses soins), le préventif qui évite de tomber malade , ou le complémentaire qui atténue les effets des maladies, ne sont pas du tout pris en compte.
Il reste là, au législateur, un champ important à explorer.
Mona Bras
Porte-parole de l'UDB